Faenza, explore les musiques de l’Ancien Régime en s’attachant à en retrouver l’esprit plus que la lettre : réinventer plutôt que reconstituer. L’ensemble interroge le rapport entre textes parlés et textes chantés, mais aussi et surtout celui qui est susceptible de se nouer entre public et interprètes. De toute évidence, le formalisme du concert traditionnel, hérité du XIXe siècle, ne convient en rien à des répertoires conçus dans et pour des cercles de convivialité dont nous avons perdu sinon la trace, du moins la pratique. Il s’agit donc de réinventer des conditions de jeu qui tiennent compte non seulement du contexte originel de création, mais surtout du public devant lequel nous jouons.
De cette réflexion sont nées des formes de concert interactives au sein desquelles les interprètes créent des liens avec le public par le jeu, le récit, la poésie ou les plaisirs de la table, en s’appuyant sur des dispositifs qui atténuent la séparation physique entre interprètes et auditeurs. Pour développer une telle approche, Faenza réunit des équipes de musiciens accomplis et capables de passer de l’instrument au chant, du parlé au chanté, de l’entre-soi des “ baroqueux ” au dialogue avec le public. C’est grâce au compagnonnage précieux avec ces interprètes aux talents multiples ainsi qu’à l’échange avec des chercheurs que l’ensemble se trouve en mesure de mener un travail qui fait toujours la part belle à des textes, à des musiques et à des pratiques qui méritent d’être redécouverts.



